
Un objectif national : une génération sans tabac d’ici 2032
La France renforce depuis plusieurs années sa politique antitabac, en étendant les interdictions de fumer à de nombreux espaces extérieurs. L’idée : protéger les enfants, réduire l’exposition au tabagisme passif et limiter la pollution des mégots.
Où en est-on aujourd’hui ?
Zones déjà interdites
Il est désormais interdit de fumer dans :
- les parcs et jardins publics,
- les plages et zones de baignade,
- les abribus et zones d’attente,
- les abords des écoles,
- les alentours de piscines, bibliothèques, stades et équipements sportifs.
Ces lieux accueillant beaucoup d’enfants, l’objectif est de réduire l’exposition au tabac et de dénormaliser la cigarette.
Ce qui arrive d’ici 2027
La France prévoit d’élargir encore ces interdictions, notamment dans :
- les campus universitaires, centres de loisirs et structures jeunesse,
- les aires de jeux, aires de pique-nique et promenades urbaines,
- les parcs d’attractions, sites touristiques et espaces naturels sensibles,
- les stades, fan-zones, concerts et festivals,
- les abords de gares et grands pôles de transport.
L’objectif est d’ harmoniser les pratiques entre communes et rendre l’espace public plus sain.
Pourquoi cette accélération ?
Trois raisons principales expliquent le durcissement des règles :
Santé : le tabac reste la première cause de mortalité évitable en France, avec 75 000 décès par an. Le tabagisme passif, même en extérieur, contribue à des risques avérés : il est responsable de 1,2 million de morts dans le monde chaque année et augmente les risques de maladies cardiovasculaires et respiratoires.
Environnement : les mégots figurent parmi les déchets les plus polluants. On en estime 20 000 à 25 000 tonnes jetées chaque année en France, et un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau. Ils représentent également le déchet le plus retrouvé sur les plages d’Europe.
Société : l’adhésion du public est forte. Plus de 70 % des Français se déclarent favorables à l’extension des espaces sans tabac, en particulier pour protéger les enfants et préserver les espaces naturels. La demande sociale pousse donc à accélérer les mesures.
Quels impacts ?
L’extension des zones non-fumeurs a plusieurs effets concrets : les collectivités doivent installer une signalisation adaptée, revoir certains aménagements, limiter les zones fumeurs et renforcer les actions de sensibilisation, tout en réduisant les coûts liés au nettoyage des mégots.
Les entreprises, de leur côté, doivent mettre en conformité leurs espaces extérieurs, clarifier leurs règles internes et peuvent en profiter pour développer des initiatives RSE autour de la prévention et du sevrage tabagique.
Pour les citoyens, ces mesures améliorent la qualité de vie : moins de pollution par les mégots, une meilleure protection contre le tabagisme passif et une présence du tabac de moins en moins visible dans l’espace public.
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Ce que dit la loi
Le Code de la santé publique et le Programme national de lutte contre le tabac encadrent désormais de nombreux espaces extérieurs.
Fumer dans une zone interdite expose à une amende de 135 €.
Le vapotage reste autorisé dans plusieurs lieux, même si des restrictions supplémentaires pourraient apparaître d’ici 2027.
Et dans le reste du monde ?
Plusieurs pays appliquent déjà des politiques très strictes en matière de tabac.
Au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, des stratégies ambitieuses visent à créer une génération non-fumeuse en limitant l’accès au tabac et les zones où il est autorisé de fumer. Au Japon et à Singapour, fumer dans la rue est interdit dans de nombreuses zones, avec des espaces dédiés pour réduire l’exposition au tabagisme passif. Au Canada et dans certaines villes des États-Unis, les parcs, plages et espaces familiaux sont largement non-fumeurs afin de protéger la santé publique et d’éviter la pollution des mégots.
Conclusion
La France suit une tendance mondiale : rendre les espaces publics plus sûrs, plus propres et moins exposés au tabac.
L’interdiction progressive des zones fumeurs marque une étape clé vers l’objectif d’une génération sans tabac d’ici 2032, en protégeant particulièrement les jeunes et l’environnement.